L’Assemblée nationale du Sénégal a rejeté, mardi 3 novembre, le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, un épisode qui accentue les tensions institutionnelles autour de la trajectoire budgétaire du pays.

Selon l’APS, la question préalable introduite par le député Amadou Ba, membre du groupe parlementaire majoritaire, a été adoptée, ce qui a entraîné le rejet du projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative de l’année 2026. Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, El Hadji Malick Ndiaye, a déclaré après le vote : « La question préalable a été adoptée et nous considérons le projet de loi de finances rectificative rejeté.»

132 députés ont pris part au vote sur 165 inscrits, avec 109 voix pour la question préalable, 20 contre et 3 abstentions. Il faut préciser également que cette procédure, prévue par l’article 83 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, « entraîne le rejet du projet de loi sans discussion générale ».

Le rejet du 3 novembre intervient après plusieurs étapes de friction entre le gouvernement et l’Assemblée. Le 26 octobre, l’APS rapportait que l’Assemblée nationale avait adressé au gouvernement une demande d’informations complémentaires sur le PLFR 2026, en affirmant sa « disponibilité au dialogue » et sa volonté de rechercher « un compromis fondé sur des réponses précises aux préoccupations soulevées » par la commission des finances.

Toujours selon l’APS, le gouvernement avait ensuite demandé le renvoi du texte en commission le 27 octobre, en invoquant l’article 84 du règlement intérieur, afin de permettre des discussions complémentaires avec les députés. Mais, à l’issue d’un nouvel examen, la commission des finances et du contrôle budgétaire a de nouveau rejeté le projet le 30 octobre.

Selon nos sources, le rejet à des réserves formulées sur la crédibilité de certaines prévisions budgétaires. L’APS indique que la question préalable a été introduite en invoquant des doutes sur la « sincérité des prévisions budgétaires ». Les griefs ont été exposés par le député Amadou Ba, qui sont: la contestation du déficit budgétaire annoncé à 7,6 % du PIB et interrogations sur la possibilité d’exécuter 644 milliards de FCFA d’investissements financés sur ressources extérieures avant la fin de l’année.

En réponse, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a soutenu que la sincérité budgétaire n’avait « jamais constitué un débat à l’Assemblée nationale ».

Le rejet d’une loi de finances rectificative n’est pas un simple incident de procédure. Ce type de texte sert en général à ajuster, en cours d’exercice, les prévisions de recettes, de dépenses, de déficit ou de financement. Dans le cas présent, les sources indiquent que les désaccords portent notamment sur les hypothèses budgétaires et sur la faisabilité de certains investissements. Pour les acteurs économiques, les administrations et les partenaires du Sénégal, l’enjeu porte donc sur la lisibilité de la gestion budgétaire de la fin d’année.