Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 a ouvert une nouvelle séquence de tension au sommet de l’État, sur fond de rapports compliqués entre le groupe parlementaire PASTEF, le gouvernement et la présidence de la République. À ce stade, les faits institutionnels de base sont documentés.
Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan (MEFP) a officiellement indiqué avoir pris acte du « deuxième rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale », lors de sa réunion du vendredi 30 octobre 2026.
Le ministère affirme avoir transmis à la commission un document détaillé en réponse à un mémorandum reçu le 26 octobre 2026, exposant « les principales préoccupations du groupe parlementaire PASTEF ». Il ajoute que, malgré plusieurs séances, la commission n’a formulé « aucun amendement ni contreproposition ».
De son côté, l’APS a rapporté qu’une séance plénière consacrée à l’examen de la LFR 2026 s’est tenue le 3 novembre 2026 à l’Assemblée nationale, en présence notamment du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, et du ministre chargé de la Communication et des Relations avec les institutions, Bacary Sarr. L’agence rappelle aussi que le texte avait déjà été rejeté deux fois en commission et renvoyé pour discussions complémentaires à la demande du gouvernement.
Un autre élément de contexte est établi par l’APS : dès le 13 octobre, le président de la République Bassirou Diomaye Faye avait demandé au Parlement, dans une lettre datée du 2 octobre 2026, l’inscription prioritaire de la LFR 2026 à l’ordre du jour, conformément à l’article 84 de la Constitution. Cela montre que le dossier était suivi au plus haut niveau de l’exécutif avant même l’épisode de rejet.
Le différend ne porte pas seulement sur un texte financier. Le MEFP relie explicitement le blocage à des enjeux de trésorerie, d’accès aux marchés financiers et de négociations en cours avec le Fonds monétaire international. Selon le ministère Cheikh Diba, l’incertitude budgétaire pourrait compliquer la mobilisation de ressources pour 2026 et peser sur les dépenses jugées prioritaires.
En face, le PASTEF qui a assumé son choix politique. Dans un communiqué, le parti a apporté « son soutien total à la position de son groupe parlementaire ». Le PASTEF « exige de l’Exécutif le retrait du PLFI 2027 » après le rejet de la LFR 2026.
